Extraits
Quelques pages pour entrer dans la Cité
Ces extraits sont publiés pour vous donner un avant-goût de l’atmosphère du roman. La suite — et la vérité sur les Architectes — vous attend sur Amazon.
Le Patient de la Chambre Sept
Lyon, CHU Neurologie — 3 h 14
Le patient de la chambre sept ne dormait plus depuis soixante-douze heures. Non pas qu’il ne pouvait pas — ses constantes étaient stables, ses ondes cérébrales normales. Il ne voulait pas.
Quand Élise Vauquelin entra ce matin-là, il fixait le plafond avec l’expression de quelqu’un qui a regardé trop longtemps dans quelque chose qui regardait aussi.
« Docteur », dit-il sans la regarder, « si je vous décris un lieu, et que vous me dites que vous le connaissez — que se passe-t-il ? »
Élise posa son stéthoscope. « Je vous dirais de me le décrire. »
« Une cité », dit-il. « De cristal. Avec des architectures qui ne devraient pas tenir debout. Et un bourdonnement. Bas. Constant. Comme si la ville respirait. »
Élise ne dit rien pendant un long moment. Dehors, Lyon continuait son bruit de ville. À l’intérieur de sa tête, quelque chose venait de se rouvrir — quelque chose qu’elle avait mis très longtemps à fermer.
La Première Immersion
La Cité de Cristal — coordonnées inconnues
La cité n’était pas silencieuse. Elle bourdonnait — d’une fréquence que les oreilles humaines ne peuvent pas vraiment entendre, mais que le corps ressent quelque part entre la cage thoracique et l’arrière du crâne.
Élise avança sur un pont de cristal qui n’avait pas de début et qui, si elle regardait derrière elle, n’avait peut-être pas de fin non plus. Le ciel au-dessus d’elle était le mauvais ciel — trop noir, trop profond, parsémé d’étoiles qui n’étaient pas des étoiles.
Quelque chose se déplaçait dans sa vision périphérique. Toujours en périphérique. Comme si regarder directement était une règle qu’elle ne connaissait pas encore mais qu’elle était en train d’apprendre.
Les Architectes, comprit-elle, ne voulaient pas être vus. Ils voulaient être pressentis.
Le Triskell de la Mère
Appartement d’Élise Vauquelin — Lyon, 2 h 47
La photo était dans une boîte qu’elle n’avait pas ouverte depuis sept ans. Elle l’avait sorti sans savoir pourquoi — le genre de geste que le corps fait avant que l’esprit comprenne.
Sa mère avait vingt-trois ans sur cette photo. Elle portait un pendentif qu’Élise n’avait jamais remarqué avant ce soir : trois spirales entrelacées, celtiques, tournant vers l’intérieur.
Le même symbole que dans le rêve.
Le même symbole que les seize patients avaient dessiné, chacun indépendamment, sur leurs fiches d’admission.
Élise posa la photo. Ses mains ne tremblaient pas. Elle avait appris à observer ce phénomène — ce moment où la raison sait qu’elle est en train de perdre du terrain, mais refuse encore de capituler.
Elle appela son chef de service à trois heures du matin. Elle lui dit que le dossier était plus complexe qu’elle ne le pensait. Ce qu’elle ne lui dit pas : elle avait peur de se rendormir.
La vérité sur les Architectes vous attend.
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